Utiliser les claviers de couleurs Le Corbusier pour des concepts de la couleur toujours parfaits

Comment, en qualité d’architecte ou de designer, créer une palette de couleurs qui ne se contente pas de faire un lien avec les éléments d’architecture et de design, mais qui constitue la base-même de ce qui a été créé ?

Créer une palette de couleurs qui ne laisse aucune place à l’erreur suppose de combiner la subjectivité humaine avec un système logique et une certaine standardisation. Il ne s’agit en rien d’une tâche facile, mais c’est bel et bien ce que permer la Polychromie architecturale de Le Corbusier, en premier lieu à travers les claviers de couleurs.

« Ces Claviers de couleurs font appel à l'initiative personnelle, après l'avoir placée sur des bases authentiques. Ils me paraissent pouvoir devenir un instrument de travail exact et efficace qui permettra d'établir rationnellement, dans la demeure moderne, une polychromie strictement architecturale, accordée à la nature et aux nécessités profondes de chacun » - Le Corbusier.

(Source : Fondation Le Corbusier, online “Salubra, claviers de couleur, LE CORBUSIER, 1931 »)


Les claviers de couleurs de Le Corbusier : quand l’abstraction rejoint la logique

Afin de permettre une sélection de couleurs parfaite, Le Corbusier a conçu des palettes de couleurs qui font penser à des « claviers » de piano : ce sont les Claviers de Couleurs. Chaque clavier de couleurs complète les collections de couleurs mises au point par Le Corbusier en 1931 et 1959 ; chacun correspond par ailleurs à une ambiance ou une fonction spécifique. Pour la collection de 1931, composée de 43 couleurs, Le Corbusier a créé 13 claviers de couleurs : chaque clavier regroupe un ensemble de trois bandes de couleurs qui évoquent une sensation ou une atmosphère 1 (‘Ciel’, ‘Espace’ o ‘Paysage’ par exemple). Chaque clavier opère de manière efficace comme une aide visuelle pour faire apparaître trois à cinq couleurs qui créent entre elles le meilleur effet de contraste.

Le Corbusier a créé les claviers de couleur en 1930, lorsqu’il a commencé à travailler pour Salubra, une entreprise suisse de papier peint. Comme nous l’explique Schindler (2004)2 , «[Le Corbusier] a inventé une machine sophistiquée de sélection de couleurs pour les clients de l'entreprise. Conçue comme un instrument ou une sorte de livre qui pouvait être plié et déplié jusqu'à quatre fois, cette invention offrait à l'utilisateur la possibilité de comparer des bandes de couleur plus grandes avec des échantillons de couleur plus petits ainsi qu'avec de grandes feuilles de couleur. Le Corbusier a défini de manière précise les couleurs des différents claviers. Chaque clavier de couleur a suivi un système de commande strict afin d’améliorer les combinaisons de couleurs associatives ».

En 1959, Le Corbusier a enrichi son système unique avec 20 couleurs plus audacieuses, plus intenses et plus dynamiques et un clavier de couleurs supplémentaire. Pour que le choix des couleurs et leur combinaison soit toujours judicieuse, sans faux pas possible, Le Corbusier a découpé un outil en carton coulissant (des « lunettes »), afin que les couleurs puissent être isolées facilement et que la personne qui regarde puisse se faire une idée de l’effet que trois à cinq nuances peuvent produire ensemble. Grâce aux « lunettes » du clavier de couleurs de la collection de 1931, vous pouvez isoler deux à trois nuances sur une teinte d’arrière-plan ou bien une seule nuance sur deux teintes d’arrière-plan. Avec les « lunettes » de la collection de 1959, trois à quatre couleurs peuvent être isolées et assorties.

Bien entendu, le choix des 63 couleurs de la Polychromie architecturale de Le Corbusier est entièrement subjectif – Le Corbusier était un artiste et un architecte ; non seulement il pensait que la couleur devait servir de base architecturale, mais il était également profondément fasciné par la façon dont la couleur peut influencer les émotions humaines et notre appréhension du monde.

En tant qu’architecte ou designer, c’est vous et vos particularités sensibles qui joueront un rôle prépondérant dans n’importe quel choix de couleurs que vous effectuerez à partir du système conçu par Le Corbusier. Cela n’empêche pas les claviers de couleurs de vous indiquer quelles sont les combinaisons qui fonctionnent le mieux, quelle nuance doit être préférée comme couleur d’ambiance (pour couvrir l’intégralité d’un mur) ou uniquement comme touche d’accentuation3. Les claviers de couleurs de Le Corbusier offrent un outil de travail absolument unique : une méthode logique et systémique pour la sélection de la couleur, à partir d’une impulsion qui a trait au ressenti et à la subjectivité. Le résultat échappe à toute forme d’erreur possible et prend la forme d’un concept de la couleur idéal.

 

Des concepts de la couleur ancrés dans l’architecture

Les claviers de couleurs de Le Corbusier ne proposent pas simplement d’agencer des couleurs de manière harmonieuse et de créer des atmosphères ou des « ambiances ». Ses claviers de couleurs sont basés sur le système de couleurs de la Polychromie architecturale, qui se compose de 63 couleurs résolument architecturales. Chaque couleur est standardisée et peut être soit combinée avec les 62 autres couleurs, soit utilisée de manière isolée dans le but de créer un effet spatial (mettre en valeur ou, au contraire, dissimuler certains objets en arrière-plan par exemple). La Polychromie architecturale de Le Corbusier et les claviers de couleurs sont profondément ancrés dans l’architecture : ils confèrent une force supplémentaire à vos concepts de couleurs et, lorsque vous décidez de travailler avec Les Couleurs® Le Corbusier, les claviers de couleurs peuvent être un atout précieux parmi vos autres outils de design et d’architecture.

En résumé, les claviers de couleurs de Le Corbusier vous guideront de manière systématique dans les processus abstraits et intuitifs de choix de couleurs et vous permettront de déterminer des combinaisons de couleurs parfaites, de retenir les accents de couleurs les plus pertinents et de déployer des ambiances de couleurs harmonieuses, en toute occasion, sans jamais laisser de place aux faux pas.

Pour en savoir plus : https://www.lescouleurs.ch/fr/les-couleurs/les-claviers-de-couleurs/

1 Les trois derniers claviers de couleur de la palette de 1931 (Bigarré I, II et III) n’évoquent pas une ambiance ou une atmosphère et ne sont pas basés sur un ordre spécifique ; au lieu de cela, ils permettent des combinaisons et des expérimentations arbitraires.

2Rouleaux préfabriqués de peinture à l’huile : claviers de couleurs de 1931 de Le Corbusier (Verena M. SCHINDLER, 2004): http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.576.5185&rep=rep1&type=pdf

3https://www.fastcompany.com/3066011/le-cobusiers-color-theories-explained

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